Musique

_Je zape et je mate_ par Carine Chenaux

juin 2019

A écouter pour voir… ce qui ne devait pas être vu.

Ecouter en lisant

Liza Minelli I (Who have nothing) (1966) Le nez collé à la vitre du resto, la grande mais pauvre – dans l’histoire s’entend – chanteuse espionne celui qu’elle aime, pendant qu’il parade au bras d’une rich girl. Dans la série « fallait pas », à ranger à côté du « Hurt So Bad » de Nancy Holloway.

France Gall Les Sucettes (1966) Où Serge Gainsbourg se délecte d’entendre en coulisses, la mignonne ingénue ânonner ses mots tout ambigus. Méfait jubilatoire.

The Velvet Underground Venus in furs (1967) Sur le cultissime album « à la banane », plongée abrupte dans un univers BDSM, guidée par un Lou Reed génialement blasé.

Rufus & Chaka Khan Somebody’s watching you (1974) Et c’est comme si toutes les femmes du monde voyaient tous tes défauts. Funky nightmare.

Carly Simon Spy (1979) Comme parachutée chez Barry Manilow, l’interprète de « You’re So Vain » joue les voyeuses sous les stroboscopes. Artiste à facettes.

Bauhaus The Spy in the Cab (1980) L’élégance glacée de l’un des plus grands groupes de post-punk britannique. Regard obsédant.

Hall & Oates Private Eyes (1981) Le duo réuni par un brushing impeccable et un incomparable son Summer Breeze était en fait visionnaire. Sa musique est toujours sur les meilleures listes.

Patrick Coutin J’aime regarder les filles (1981) Le titre insubmersible d’un mateur sachant mater. Sur le sable.

Rockwell Somebody’s watching me (1984) En plein dans les eighties, le rejeton de Berry Gordy sort sur le label Motown ce single 100% parano sur lequel le public jure reconnaître la voix du guest mystère. Michael « Midas » Jackson était bien dans la place, et le succès du titre, à la hauteur de sa majesté.

Nick Cave and the Bad Seeds Watching Alice (1988) On n’imagine pas le ténébreux Nick au taquet le matin, en plein été. Sauf pour observer, debout derrière sa fenêtre, la sexitude d’un strip-tease inversé.

Pulp I spy (1995) Vicious flegme ? Inquiétant comme il faut, le Briton Jarvis Cocker observe les « common people » et prend des notes.

 

 

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